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vendredi 30 mars 2012

Mayday - Mayday !

JE DEVIENS NIAIS !
ACHEVEZ-MOI !

mercredi 28 mars 2012

Total Eclipse

Un dimanche soir de carême. Une résolution avortée. Des reproches mi moqueurs, mi entendus. Et puis finalement je cède à la tentation. Je m'étais retenu tout l'après-midi, malgré ce jour marqué d'une sonnerie par les smartphones d'un certain nombre de mes amiEs. J'avais avoué déclarer forfait. Et puis, une fondue agrémentée d'une bouteille d'Apremont nous plombant le bide, la perspective d'une bonne pinte en terrasse, tout ça m'a rappelé au souvenir de mes démons. Un petit texto. Le temps de poser nos fesses sur un banc, et voilà déjà qu'ille se dresse tout sourire devant notre table. Une quinzaine de minutes à parler de carême, une seconde pinte et voilà qu'on se retrouve seulEs.

On fait le tour de nos situations respectives, de l'état de santé de nos proches, de nos projets, de nos vies depuis la dernière fois, de l'évolution de nos projets d'avenir... De ses aspirations de vie. La réintégration du mariage dans son champ des possibles. Le genre et les identités. "Si tu me le demandes, et même si tu prends des hormones, tu sais que je ne pourrai pas te parler au masculin." "Dans ce cas, on ne se verra plus." "Ouais, ben alors tu m'appelles la veille de ton injection et on se fait une grosse chouille d'adieu, si c'est ton dernier mot." Et voilà, une fois de plus ça a dérapé. Mais on a su mutuellement se contrôler. Ille a simplement refusé d'entendre mes explications sur la dichotomie genre psy-sexe-genre social, détermination culturelle, norme... Rien que de bien original en somme. Une bonne soirée quand même, comme à chaque fois, une fois qu'on a balayé le souvenir de ses diatribes frontistes auxquelles on a pourtant pris soin de bien vite couper court.

Toujours ce sourire en coin, ce regard intense au travers de ses yeux bleus. Et, troublante, sa façon de me fixer, toujours avec son sourire, la tête rentrée dans les épaules, les bras croisés sur la table. Moi de m'en rendre compte et de lui demander à quoi ille pense. Lui qui déverrouille son regard, fait mine de rire. "Mais rien !" Et qui force son sourire. Un jour il faudra bien tirer au clair cette histoire de jeu. Déterminer qui fait le chat, et qui fait la souris, et à quel moment.

jeudi 16 février 2012

"Je vote Front National"

"Je comprends bien que tu sois fort marrie, mais ta stupeur m'étonne" m'avait textoté mon Gros Lapin le lendemain. Oui, je connaissais ses idées de merde. Mais ille m'a toujours assuré que jamais il ne votait. Eh bien sans doute va-t-ille quand même glisser son petit bulletin nauséabond dans l'urne de la mairie du centre.

Je lui ai demandé de partir, de sortir de mon appartement, que je ne tolérais pas ces idées là, et encore moins les gens qui les portent, dans mon espace de vie. Ille a faiblement protesté et s'est levéE, ille a doucement revêtu son caban, en a lentement fermé les boutons, s'est saisi de son casque et de ses gants sans précipitation. Évidemment j'ai craqué : "Non c'est bon, reste." Un sourire s'est inscrit sur ses lèvres. Le casque a retrouvé sa place sur le parquet, le caban a volé sur la chaise en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et ille est déjà installéE à mes côtés sur le canapé.

J'ai encore été faible, alors même que je voulais rester cohérent. Mais non, avec lui je n'y arrive pas. Même dans le "Ciao facho" que je lui ai lancé en guise d'au revoir, je n'ai pas réussi à y mettre toute l'aversion, toute la haine, tout le mépris que je ressens par rapport à "ces gens-là". Ces "gens-là" dont il fait partie. Je l'ai toujours su. Depuis notre première entrevue. Puisque c'est par ça qu'on me l'a présentéE. La vie est un éternel recommencement. On dirait bien que partout où j'irai, je me trouverai mêlé à eux. Pourtant ce n'est pas faute d'essayer de les éviter. Bon, c'est vrai qu'à Rennes, il y a un peu un vivier. Et il a fallu aussi, et surtout, que je tombe sur ille. Je me déteste. Ille me colle mieux qu'un sparadrap usagé, c'est incroyable. Je l'ai dans la peau (à défaut de l'avoir ailleurs).

vendredi 23 décembre 2011

Encore une page qui se tourne

La fin de l'année, la fin de tout. Une remise en question de plus. Il n'est pas seulement affaire de résolutions pour 2012, que je pressens de toute façon comme l'année de la loose. Haha, en plus ça rime. On m'a tapé sur l'épaule en me disant : allons, allons, 12 rime aussi avec partouze. Je laisse ça aux autres, pour ma part je vais me concentrer sur la manière de déclencher la râteau du siècle qui me permettra enfin de décrocher de cette addiction stupide et ridicule qui m'a transformé en petit chien. Alors comme d'habitude, j'échafaude des plans, je me tourne des films, j'imagine les réactions, l'enchaînement des événements qui aboutissent soit à ce que je désire par dessus tout, soit à ce qui me pend au nez. En attendant j'entretiens cette relation morbide et mortifère qui me maintient dans la mélasse honteuse de mes sentiments.

Une dernière fois en ce lieu où tout a commencé. Où tout a commencé vraiment il y a presque un an. Où l'on a commencé à se retrouver deux, voire trois fois par semaine, pour finalement ralentir le rythme et retomber à une, voire deux fois par mois. Je me suis repassé le film de nos soirées passés à ce comptoir, de la sensation des morceaux de la mosaïque sous mes doigts. Du pied de la pinte à toujours centrer parfaitement sur le sous-bock rond. Du regard complice des habitués à l'ouverture de la porte. De sa façon de s'accouder en rentrant sa tête dans les épaules. De son saut par-dessus le bar pour atteindre la poubelle. De nos bagarres puériles qui nous projetaient contre les tables et les tabourets sous l'oeil tantôt amusé, tantôt blasé du patron. De sa façon d'appuyer d'un geste de la main son expression "c'est un truc de malade mental". De ces sourires entendus, de ces silences, de ces discussions interminables, de ces aveux contrits.

Il y a aussi, bien plus importants, peut être, toutes ces heures écoulées en cowboy, ces litres de bière, cette solitude oubliée, ces tranches de vies partagées, ces rencontres absurdes ou improbables, ces centaines de cigarettes, ces quelques coupes de champagne. Ici plus que jamais j'écris des listes, je décris des sensations. Je fonctionne comme ça : j'observe et je sens, je ressens. Là, je n'ai plus rien à observer, si ce n'est ce passé déjà loin d'une semaine.

Je ne sais pas encore où je vais pouvoir quotidiennement noyer ma solitude. Nulle part serait sans doute le lieu idéal. Je devrais songer à me préserver, à cesser de me mettre en danger, à cesser de m'abîmer, à cesser de m'oublier dans le jus de houblon et le tabac à rouler.

mercredi 2 novembre 2011

Alea Jacta est.

Et puis aussi, je l'ai revuE. Dans d'étranges conditions. Dans son milieu naturel. Flippant. Je m'attendais à quelque chose de cet ordre là, mais je dois dire que la réalité dépasse de loin toutes les représentations que je me suis construites, tous les films que je me suis joués, tout ce que j'ai pu imaginer. Si seulement j'avais pu avoir la moindre idée de ce dont la pénombre de la fois précédente m'avait préservé... je devinais les formes, les contours, les tissus.... mais j'étais loin de la réalité. Je n'étais pas à l'aise, et je pense que je n'étais pas seul. Même le chat semblait irréel. Imaginez un réfrigérateur ou un lave-vaisselle qui apparaîtraient comme deux anachronismes incongrus dans une cuisine ! Je me suis dit, ok, je comprends mieux à présent. En même temps si ça avait été différent, j'aurais certainement tout aussi bien compris, si tant est que j'aie jamais rien compris. Encore une baffe dans ta gueule, et une voix qui te hurle de laisser tomber, que décidément, c'est du suicide. Un jeu du chat et de la souris complètement morbide, mais on ne sait pas si le chat est conscient de son rôle. La souris réfléchit toujours autant et se réjouit à la pensée que, peut-être, les vacances lui apporteront de quoi goûter à ces moments délicieux, à défaut de pouvoir goûter à une autre forme de délices.

Eine kleine Nachtmusik

La vie est bizarrement foutue quand même. Et je côtoie des genTEs bizarres. Je suppose que moi-même, je dois être assez éloigné du commun des mortelLEs. J'aime la différence, je l'entretiens assez ouvertement et avec succès, mais certains de ses aspects m'échappent. J'ai parfois l'impression de ne pas être dans ma tête, tellement je ne me comprends pas, tellement je ne comprends pas ce(ulles) qui m'entoure(nt).
J'ai eu une ouverture. J'ai entrevu de nouvelles perspectives. Une occasion rêvée de changer de vie, de repartir (presque) à zéro. Non pas que j'en aie envie. Non pas que j'étouffe ici. Non pas que je me lasse. Mais des projets, c'est toujours chouette à mettre en place, à vivre. L'appréhension et les questions que ça entraîne. J'ai énormément d'admiration pour celleux de mes amiEs qui vivent comme ça au quotidien. Qui se bâtissent inlassablement de nouveaux horizons, qui cherchent, qui trouvent, qui vibrent, qui vivent. Moi je m'engonce dans un attentisme gentillet et rempli de rêves et d'espoirs qui ne prendront jamais forme, ou si peu. Je me nourris de mes chimères. Mon doux rêve aura duré un peu plus d'un mois, pour retomber finalement comme un soufflé au fromage de ma maman. J'aurai, durant ce court laps de temps, éprouvé tout à la fois fébrilité, excitation, crainte, espoirs, nervosité, stress, attente... Et puis finalement plus rien. Evidemment, c'eut été trop beau. Mais comment aurais-je pu gérer ce potentiel départ précipité ? Tirer un trait sur tout ce qu'est ma vie sociale, militante, amicale, [émotionnelle & sentimentale], festive, professionnelle ... le tout en une fois ? Happé par le flot de tout ça, oui, je l'aurais fait. Et une fois que tout cela se serait tassé, que la situation se serait normalisée, je me serais sans aucun doute retrouvé dans une angoisse immense, un ennui infini et une nostalgie débordante. L'éclate totale. Tout ce que je kiffe, sans trop possibilité de s'en extraire. Ou alors à une quarantaine de kilomètres près. Mais j'y ai cru.

mardi 23 août 2011

Petites filles des sombres rues

Ça fait plus d'un mois que je ne l'ai pas vuE et ça me casse les couilles. Moins que je ne le pensais, en vérité. Ça ne fait pas tant un vide comme dans la niaiserie suivante : "un seul être vous manque et tout est dépeuplé". Non, non, non. J'aime pas le cri des violons lancinants. Non, c'est plutôt un manque plus vague, plus sournois. Non pas que j'aie réussi à l'oublier. J'y pense toujours du soir au matin, pas d'inquiétude ; je suis toujours fou, vous savez. Non. Mais un manque comme celui d'unE amiE dont on n'a pas de nouvelles. Un peu d'énervement, parce que j'aime bien quand on répond à mes messages, quand même. Ou alors qu'ilLE garde ses habitudes téléphoniques du début. S'ilLE change les codes sans me prévenir, c'est le bordel. J'aimais bien ces moments privilégiés, où les anges passaient par centaines, où on buvait compulsivement nos bières en silence, en s'observant du coin de l'œil, levant nos coudes à intervalles réguliers et à tour de rôle. Je ne savais pas ce qu'il y avait dans sa tête dans ces moments là, je me demandais à quoi ilLE pouvait bien penser. Peut-être que c'était pareil pour lui. Mais du coup ça n'alimentait guère les discussions. Et puis une fois le verre posé une dernière fois sur le comptoir, une fois le pied posé dans la rue, voilà que la conversation naissait, s'intensifiait dans un crescendo incontrôlable qui n'avait rien à envier aux opus du Miserere d'Allegri ou à Sigur Ros. Alors on s'adossait à un mur, on s'asseyait sur des marches ou au bord d'un trottoir. Et on restait là, sans laisser aux anges la possibilité de venir s'incruster entre nous et entre la déferlante verbale. Le temps s'arrêtait, la ville autour de nous suspendait sa course. Parfois on subissait l'irruption dans notre bulle d'un mec ou d'une nana qui nous demandait une cigarette, une adresse. On s'en débarrassait le plus vite possible et on repartait sur les chemins dérobés de nos sujets ressassés. Une poignée de main, ilLE pousse sa porte et je m'enfonce dans la nuit, je pars vers des royaumes où l'on m'attend peut-être. Je me rejoue toute la scène. C'est fou comme des fois ma mémoire se montre infaillible. Je me souviens de ses regards, de ses gestes, du timbre de sa voix, des mouvements de ses mains. Des veines saillantes sur ses avants bras qu'ilLE découvre d'un geste rapide en retroussant les manches de sa chemise. De ses lèvres charnues sur lesquelles mon regard s'attarde un peu trop longtemps.